

«
L'amour, c'est le physique, c'est l'attrait charnel, c'est le plaisir
reçu et donné, c'est la jouissance réciproque… » Paul Léautaud,
Ecrivain français.
Difficile de mettre en image pareille union. Le nouveau DVD de
Indochine n’est pas aussi voluptueux qu’on l’aurait souhaité. Les corps
se confondent, l’union est belle, épuisante. Les partenaires se donnent
sans retenue. Mais le rythme est bien trop agité pour satisfaire. Un
coït ininterrompu, qui ne prend pas le temps de se poser. Le montage
impressionne ou rebute. Les plans serrés en fosse semblent fouillis,
insérés sans ménagement. Les râles de Nicola, excusables dans la beauté
d’un concert en salle, semblent lourds dans le salon. La voix
tressaute, mais ne donne pas le même frisson et se perd dans l’urgence
du live. Pourtant, l’entrée en scène tient toujours en haleine. Des
images entêtantes, un rythme entraînant, un rideau virevoltant, se
mêlent aux courbes de la jeune fille au tambour. Le rythme cardiaque se
met en branle. C’est au son électrique de Dunkerque que le Zénith
s’embrase. Lentement, la tension monte, le désir grandit. Le Vibrator
s’insinue sous les jupes.
Sur les planches, l’émotion est intacte, chez soi, c’est plus
ambigu. Ensorceleur, Monsieur Sirkis, est seul maître à bord, pour le
plus grand plaisir de demoiselles faussement libertines (Sperm
receiver). Les gouttes perlent sur les décolletés. Un public de
fidèles, lui aussi, à l’honneur, qui honore la belle Indochine. Le
chanteur semble, une nouvelle fois, étourdi par une telle communion,
magnifiée par quelques images chocs (Club Paramount en tête).
Malgré les ratés de l’étreinte, le spectateur retourne au DVD
avec envie. La première fois n’est jamais d’exception. On prend alors
plaisir à redécouvrir les formes aguicheuses de ce témoignage
authentique. Le spectacle semble ne pas avoir été retouché. Il est à
prendre avec ses erreurs. Les suppléments sont davantage intéressants
que ceux d’un 3.6.3 bourré jusqu’à plus soif. Certaines vues du Zénith
ébranlent les mirettes, même si d’inconvenants téléphones portables
brisent parfois le rêve.
Difficile donc, voir impossible, de retranscrire la furie
animale d’un concert indochinois. Pas aussi convaincant en vidéo qu’en
salle, le Alice And June Tour restera néanmoins dans toutes les
mémoires de fans. La plus belle tournée d’un groupe qui n’en finit pas
de détonner sur la scène française. Faisons fi des hésitations.
Indispensable, quoi qu’il en soit !
sources : http://www.rocknfrance.free.fr/chroniques.php?id_album=863